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Afrique du Sud : Le chef de la Banque Centrale s’exprime sur les cryptomonnaies

Dans un entretien récent, Lesetja Kganyago, le gouverneur de la Banque centrale sud-africaine, révèle son point de vue concernant les cryptomonnaies.

Les cryptomonnaies ne sont pas des monnaies, mais des actifs à réglementer

Interrogé sur son point de vue au sujet des cryptomonnaies et de leur éventuelle régulation, Lesetja Kganyago a rétorqué que les crypto-devises ne peuvent pas être considérées comme des monnaies. En effet, selon lui, elles ne répondent pas aux 3 caractéristiques d’une véritable monnaie.

Fondamentalement, une monnaie remplit trois fonctions principales. Premièrement, elle doit servir d’intermédiaire dans les échanges, ce qui signifie que l’on doit pouvoir l’utiliser pour acheter un bien ou un service ou pour rembourser une dette. Deuxièmement, elle doit être considérée comme une réserve de valeur. En d’autres termes, elle doit permettre de se constituer une épargne. Enfin, elle doit être une unité de compte, permettant ainsi de quantifier la valeur d’un bien ou d’un service.

« Vous pouvez faire le malin et dire qu’une cryptomonnaie est une réserve de valeur. Vous pouvez ruser et dire qu’elle est acceptée comme moyen de paiement mais, en réalité, elle n’est pas généralement acceptée. Elle n’est acceptée que par ceux qui y participent », a affirmé Lesetja.

Autrement dit, selon le gouverneur de la Banque centrale d’Afrique du Sud, les cryptomonnaies ne peuvent pas être considérées comme intermédiaires pour les échanges dans la mesure où elles ne sont acceptées que de manière subjective par une minorité.

Cependant, Lesetja considère les cryptomonnaies comme des actifs et cette approche permet de faire émerger la possibilité d’une réglementation du secteur.

« Nous allons devoir réglementer cela parce que les gens y investissent et quand ils perdent de l’argent, ils se demandent ce que le gouvernement a fait à ce sujet », a-t-il dit.

En effet, les arnaques aux cryptomonnaies se multiplient sur le continent africain. En juin dernier, l’Afrique du Sud a été le théâtre de l’une des plus grandes escroqueries de l’histoire du Bitcoin (BTC). À l’époque, les fondateurs d’Africrypt, une société d’investissements crypto, ont pris la fuite en emportant avec eux la totalité des fonds des investisseurs, soit environ 69 000 bitcoins, ou près de 3,6 milliards de dollars au moment des faits.

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L’Afrique du Sud mise sur la Blockchain

Selon Lesetja Kganyago, la blockchain a beaucoup de potentiel et n’a pas à subir la mauvaise publicité que traînent les cryptomonnaies.

« Beaucoup de ces crypto-actifs reposent sur une technologie, et cette technologie est la blockchain. Cette dernière peut être utile de bien d’autres manières, mais nous devons séparer la technologie de ce à quoi elle sert réellement dans l’espace crypto. », a-t-il déclaré.

Parmi les attraits de la blockchain, il y aurait la possibilité de mettre en œuvre des monnaies numériques émises par les banques centrales qui répondraient aux besoins contemporains des consommateurs.

Pour rappel, l’Afrique du Sud est l’un des rares pays africains qui envisagent actuellement la possibilité d’introduire une monnaie numérique de la banque centrale (MNBC) sur le marché.

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